A quoi pense t-elle la vieille
Sous son chapeau de paille, a l'abri du soleil.
A Toutes ces années derrière elle ?
Quand la vie était belle.
Petite femme menue, courbée par le poids des ans,
Fatiguée de l'usure du temps.
Elle sourit, se souvient des jours anciens.
Elle a vécu bien des tourments la vieille,
La guerre, le dur labeur des champs.
Ses vieux os sont fatigués, son corps usé.
Ses yeux bleus délavés par les chagrins d'antan
Pétillent de joie quand elle regarde jouer les enfants.
Son visage buriné par tout les étés passés dans les champs
Et creusé de sillons par toutes les angoisses de la vie
S'éclaire d'une douce lumière quand elle sourit.
Elle remercie le soleil la vieille,
Elle prend son temps, de tout s'émerveille comme si elle voyait pour la première fois.
Elle savoure chaque moment, elle vit au ralenti,
Elle espère revoir le prochain printemps et chanter encore le temps des cerises.
Elle sait qu'elle a fait son temps, que plus personne ne l'attend.
Alors elle vit sa vie au jour le jour
Parce que bientôt viendra la fin.
Elle peigne ses cheveux blancs en bataille,
Coiffe son chapeau de paille
Et s'assoit sur son banc,tranquillement.
Un chaton noir et gris sur son épaule s'est endormi,
Bercé par le doux mouvement de sa respiration, alors elle ferme les yeux,
Réchauffe ses vieux os au soleil de juillet, et s'enfuit dans ses souvenirs.
Se remémore tous ces éclats de rire,
La chaleur des bras de son mari, ses baisers passionnés.
Elle entend encore ses serments d'amour enflammé,
Elle n'oubliera jamais la lueur dans ses yeux,
Cette flamme quand il la regardait.
Il ne lui reste que la mémoire de tous ces moments qui la font tenir,
Et sans qui elle ne serait plus là.
Ces instants qu'elle continue de faire vivre par delà la mort,
Comme si il était encore là
Pour qu'à travers elle, il vive encore un peu ici bas.
Une larme perle au coins de ses yeux,
Elle se sent si seule, elle l'aimait tellement, son vieux.